Vibe coding the Rage App, Part 4

Et c’est reparti pour un article sur le vibe coding de la nouvelle version de l’App Rage !

Dans notre épisode précédent, j’avais enfin réussi à faire programmer à Claude AI une interface à peu près potable pour le jeu de cartes intégré à l’App.

Avant de passer au plus gros du boulot, la programmation du jeu de cartes en lui-même, et fort de mon expérience (traumatisante) en vibe coding, j’ai essayé de trouver la meilleure méthode pour que Claude puisse reproduire tout mon ancien code rapidement. Pour commencer, j’ai ouvert le projet Xcode de la dernière version officielle de l’App Rage, et je lui ai fait analyser tout le code. Ensuite, j’ai pris les documents d’analyse résultants, j’ai ouvert le projet de l’App sur laquelle on travaille, et j’ai tout balancé dedans. Et après je lui ai demandé tout d’abord de trouver dans ces documents tout ce qui concernait le jeu et de créer un document exhaustif sur les règles du jeu et ses éléments d’interface. Et à partir de là, je lui ai demandé de créer une feuille de route pour réaliser la programmation du jeu de cartes étape par étape (à cause du nombre de jetons limités avec mon abonnement, mais surtout pour simplifier le déboggage).

Autant vous dire que ça n’a servi à rien.

Comment dire…? Le code était là, mais pas tout à fait mais il était là quand même, mais non quoi. Plein de trucs étaient restés dans les documents, mais n’avaient pas été implémentés dans le code. Bref, une fois le jeu terminé et débogué, rien ne voulait bouger… 

Du coup, ben, je me suis dit qu’au lieu de chercher des filets de secours pour que la programmation se déroule sans accroc, j’allais plutôt aborder cette programmation comme si je programmais vraiment une nouvelle App, étape par étape.

Et j’ai donc expliqué à Claude les actions de chaque élément du jeu, et on les a programmées ou mises à jour au fur et à mesure… Étape par étape. En constatant avec surprise que le code existait déjà mais qu’il manquait des trucs pour qu’il puisse fonctionner… et que dans la plupart des cas, le code était bien dans la documentation, mais n’avait pas encore été implémenté…

Quand vous programmez comme ça (en vibe coding comme disent les djeuns), vous avez un peu le rôle d’un réalisateur. Alors, un réalisateur c’est un peu comme un médecin généraliste, il sait tout faire mais n’est pas un spécialiste (faut que j’arrête les analogies, ça devient compliqué, là). Donc, pour vous donner une idée, un réalisateur, c’est quelqu’un qui n’est pas acteur, ni éclairagiste, ni spécialiste FX, la 3D, il connaît mais il ne l’utilise pas personnellement parce que son ordinateur ne va jamais assez vite et ça le fait chier, il n’est ni designer, ni graphiste, ni… heu… et j’en passe. Donc il va utiliser le talent de tous ces intervenants pour réaliser son film. Alors attention, un réalisateur ne vole pas le talent de ces intervenants pour réaliser un truc qui n’est pas de l’Art. Les intervenants sont payés par la production, donc c’est bien de l’Art. C’est un peu la définition de l’Art en 2026. L’Art, c’est quand les artistes sont payés, sinon ce n’est pas de l’Art.

Donc, après cette digression, si vous essayez de travailler avec une IA, vous avez un peu le rôle d’un réalisateur. Un réalisateur qui travaille avec un intervenant qui est un spécialiste de tout, mais qui réfléchit mal, qui prend des initiatives en dépit de vos directives, pour voir si vous acceptez sa solution qui est plus simple pour lui, qui essaie de vous convaincre que tout est parfait quand rien n’es parfait, qui prend des raccourcis quand il se retrouve face à une situation qu’il a du mal à comprendre, qui se repose sur ses acquis chaque fois que possible par facilité, bref un fumiste… Et c’est à vous de trouver des moyens de le faire travailler parce que c’est tout ce que vous avez. Le seul autre moyen serait de devenir un spécialiste en tout (ou d’hypothéquer votre maison pour payer les artistes). Faire travailler Claude, ça revient à trouver des moyens de lui parler pour obtenir ce dont vous avez besoin. En d’autre terme, ça revient à utiliser votre intelligence naturelle (celle qui n’est pas artificielle, donc, qui génère des droits d’auteur qui ne vous seront jamais payés parce que réfléchir, ce n’est pas rémunéré). Ça veut dire que non seulement, vous allez devoir travailler gratuit, mais en plus vous allez payer pour ça (une vingtaine d’euros par mois pour moi, mais en presque vingt ans d’auto-édition, j’ai fini par prendre l’habitude de payer pour travailler).

Et puis il y a ce problème inhérent à la façon de travailler avec des jetons. Quand vous demandez à Claude de réparer les bugs qu’il a lui-même créé (littéralement), suivant dans quelle conversation vous vous trouvez, il risque d’en ajouter d’autres, voire de casser complètement le code, parce qu’il peut difficilement savoir ce qu’il a fait avant (je sais, c’est compliqué). L’astuce, au lieu de suivre le processus normal de génération d’une nouvelle conversation pour chaque erreur, c’est de lui indiquer dans la même conversation le nom du fichier et la ligne où se trouve l’erreur (voire de lui envoyer une copie d’écran de l’erreur), mais ça ne marche pas à tous les coups puisque la longueur de la conversation est de toute façon limitée.

Bref, le vibe-coding, ça revient un peu à monter des escaliers interminables, voir enfin le bout de votre périple, vous faire casser la gueule avant de l’atteindre, dégringoler une bonne partie des escaliers, vous relever et remonter jusqu’à ce que vous arriviez au sommet (je crois qu’on a écrit sur cette base de nombreuses scènes de Saint Seiya et John Wick). Du coup, quand on commence un projet, c’est littéralement impossible de prévoir quand on va le terminer. Trop de variables comme on dit chez les programmeurs.

La suite au prochain numéro.

Ah non tiens, pas tout de suite. On est le 7 mai à l’heure où je termine cet article et j’ai pu travailler presque toute la journée et une partie de la soirée parce qu’Anthropic a changé sa politique d’attribution de jetons ! Enfin !

Pour conclure en changeant de sujet, mes livres ne sont toujours pas de retour sur Amazon, et restent donc complètement censurés à cause d’un crime abominable que le support technique de Kindle ne peut pas me révéler parce que c’est un secret. Tiens, ben ça me fait penser qu’il faut que je leur envoie une petite relance pour les emmerder un peu.

Allez, je vous laisse avec trois de mes livres qui ne sont pas Amazon-Approved. Pas la peine d’essayer de les acheter sur Amazon, ils se sont faits virer par la Police des Livres. Juste par souci d’exhaustivité, j’ai ajouté Hitman 18, avec la première apparition de Bueno Excellente, un personnage de l’équipe de super-héros Section 8 qui combat le crime avec le pouvoir de la sodomie. J’aurais bien aimé savoir ce que l’IA d’Amazon pense de ce personnage qui n’est pas présenté comme un héros, mais dont on peut quand même supposer par défaut qu’il en a le titre. Je n’en aurai pas l’occasion, déjà parce que le support technique de KDP ne me le dira pas, mais surtout parce que les comics édités par DC n’ont probablement pas été inclus aux paramètres de leur IA.

Et j’en profite pour ajouter ceci : « En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises ». Donc si vous avez envie d’acheter Hitman 18, mais que vous n’avez pas envie que je sois rémunéré en tant que Partenaire Amazon suite à votre achat, n’hésitez pas à vous connecter directement à Amazon et faire une recherche pour vous le procurer. C’est à cette adresse : https://www.amazon.fr

A propos Eric Peyron

Eric Peyron n'est un Expert en Rien. Après trois années de Fac dont deux redoublements, Peyron a commencé les petits boulots en intérim pour gagner un peu de blé. Heureusement, inconditionnel de comics en version originale (à cause de la censure et des traductions lamentables de la plupart des versions françaises de l'époque), Peyron est rapidement devenu traducteur d'anglais autodidacte pour des magazines informatiques des années 1990-2000, puis pour de nombreuses sociétés de traduction. Suite au refus par ces mêmes sociétés d'accepter une augmentation de ses tarifs en vingt ans de métier de traducteur, Peyron a fini par revenir à ses premiers boulots au SMIC, qui paradoxalement, vingt ans plus tard, rapportent plus que des traductions techniques… Actuellement, l'Expert en Tout fait donc de la mise en rayon, des inventaires et démonstrations en grande surface, monte et démonte des stands d'animation, donne des flyers aux passants dans la rue, distribue des prospectus dans vos boîtes aux lettres, et remplace des affiches dans les toilettes des bars et restaurants. De jour comme de nuit. Accessoirement, il est aussi auteur de BD en auto-édition, mais ça, vous le savez probablement déjà. Bref, Peyron est un type qui ne comprend absolument rien à rien, comme la plupart des imbéciles qui se baladent régulièrement sur les réseaux sociaux, mais ça va pas l'empêcher de donner son avis ! Ah oui, j'oubliais : "En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises" Je suis légalement obligé de le mentionner ici pour je ne sais quelle raison.

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