Completely déborded

Salut à tous,

Comme vous l’avez constaté, j’ai carrément rien posté depuis un long moment. C’est pas parce que j’étais en vacances (loin de là), ni parce que j’étais malade (loin de là aussi. Toujours pas de COVID. J’attends…). C’est juste que j’ai jamais eu autant de boulot d’intérim. À des heures impossibles, comme d’habitude, donc le reste du temps, j’ai tendance à dormir.

Au niveau des projets, Rage 7 avance au ralenti, mais on va essayer d’accélérer un peu. Le livre La Seconde nuit qui fait suite aux événements de Rage 6 est toujours en cours d’écriture, mais je suis parallèlement en train de finaliser un autre livre pour 2023 dont l’histoire est à lire avant La Seconde nuit, donc pas d’inquiétude, vous allez avoir un livre à vous mettre sous la dent. Je vous en reparle dès qu’on termine Worlds of Rage 10… qui est toujours en cours de production mais toujours prévu pour 2022 !

Au niveau des festivals, j’ai passé trois super journées à Solliès-Ville. Mes livres imprimés commencent enfin à se vendre bien en festival. Il ne me reste plus qu’à soigner mes dédicaces, mais un copain m’a donné une super-idée de dédicace de scénariste personnalisée que je vais m’empresser de mettre en application dès que je trouve le temps de travailler dessus. Tiens, ben par exemple, le temps passé à écrire cet article. Ah ben non, il est passé, le temps. Mais je vais trouver un autre créneau.

À propos des festivals, justement, à Solliès-Ville, Bulles en Seyne et dans quelques autres festivals, on me pose souvent la question suivante : Pourquoi n’êtes-vous pas avec les auteurs ? À Solliès, une cliente s’est carrément exclamée en nous voyant Ben pourquoi vous-êtes tous seuls ?! Et derrière ces questions, on perçoit souvent un certain sentiment d’injustice, alors on se dépêche d’expliquer qu’on se trouve à un stand d’auto-édition (un stand gratuit donc. C’est cadeau) et de défendre les organisateurs qui sont quand même gentils de bien vouloir nous inviter alors qu’on ne rapporte pas un rond aux libraires, ni même aux associations. Bon, on fait quand même tourner les bars et les restaurants, c’est déjà ça de positif pour les commerçants locaux et la mairie.

Ceci-dit, je crois que ça demande quand même plus d’explications pour au moins dédouaner les organisateurs, parce que les clients s’imaginent facilement qu’il y a les uns et les autres. Et c’est vrai que pour les libraires et les grands éditeurs, il y a les uns et les autres, mais très sincèrement, on s’entend tous très bien avec les auteurs en festival (en fonction des affinités évidemment), et il y a une bonne raison : on participe aussi à des festivals qui sont organisés différemment, et qui nous donnent de réelles occasions de faire connaissance.

Alors pour commencer, il y a deux types de festivals : ceux qui proposent des emplacements, et qui se déroulent la plupart du temps à l’extérieur, et ceux qui proposent des tables, qui se déroulent la plupart du temps en salle. Quand le festival propose des emplacements, les librairies invitent leurs auteurs aux emplacements qui leur sont réservés. Les auteurs invités par la librairie sont ceux dont les livres sont en vente dans la librairie. Pas besoin qu’ils soient très connus, la librairie est en mesure de donner sa chance à tous les auteurs. Mais pas à nous, parce qu’on ne rapporte pas un rond. Quand je dis Pas à nous, je parle surtout des scénaristes en auto-édition, bien entendu, ceux qui ne dessinent pas ou mal, et qui ne sont donc pas très vendeurs. Les dessinateurs en auto-édition sont parfois les bienvenus sur le stand de la librairie en échange d’un pourcentage qui varie en fonction des festivals. Si vous vendez bien en auto-édition et que vous n’avez pas d’autre choix qu’une invitation sur le stand d’une librairie (c’est le cas pour de nombreux festivals), vous aurez donc parfois l’occasion d’y participer, mais méfiez-vous quand même et tentez le coup en connaissance de cause : J’ai participé à un festival organisé avec une librairie qui acceptait tout le monde avec un pourcentage très bas… mais les livres étaient encaissés par la librairie. On m’a prévenu à l’avance qu’il y aurait des vols, voire des clients qui partent juste un peu comme ça, en oubliant de payer, et que mes livres n’étaient pas assurés. Quand on a fait les comptes à la fin du festival, j’ai pu constater un paquet d’erreurs de caisse (une erreur de caisse, c’est ce qu’un commerçant identifie à un vol parce qu’il a l’impression que des produits ont disparu et qu’il ne comprend pas d’où ça vient. Il a d’ailleurs souvent l’intuition que s’il manque des trucs, c’est la faute du petit arabe geek de la cité qui vient dans sa librairie pour lire des livres sans jamais rien acheter). En l’occurence, certains de mes livres donnaient effectivement l’impression d’avoir disparus parce qu’ils avaient été vendus trop cher (tous mes livres ne sont pas aux mêmes prix), alors que d’autres donnaient l’impression de s’être multipliés parce qu’ils avaient bien été vendus au bon prix, mais qu’il y en avait trop sur la liste par rapport à mon stock… Toutes les erreurs de caisse étaient en faveur de la librairie, donc en ma faveur aussi, et je m’y suis bien retrouvé. Mais pas mes clients… Perso, je n’ai pas eu de retour négatif, mais la situation ne me plait pas plus que ça. Tout ceci pour dire, heu… Dans certains festivals, attendez-vous à des vols comme ils disent, et n’oubliez pas que les vols ne sont pas assurés. Voilà voilà.

Mais je digresse. Non là, je digresse vachement parce que je sais même plus où j’en étais. Laissez-moi deux secondes pour relire le paragraphe précédent. Ah, voilà. Donc, il y a les festivals qui louent des emplacements et d’autres qui louent des tables. Quand les libraires louent des emplacements, leurs auteurs sont tous regroupés sur leur stand (encore heureux), et les petits éditeurs indépendants (qu’on appelait autrefois des fanzines. De nos jours, la qualité de leurs productions s’est tellement améliorée, et celle des grands éditeurs tellement dégradée, qu’on n’utilise ce terme que pour dénigrer les petits éditeurs et leur rappeler subtilement leur rang) sont tous regroupés dans le coin des indépendants, ce qui donne cette inévitable impression de sectarisme aux yeux des clients. Bordel, elle était trop longue cette parenthèse… Ah, ça fait rien, j’ai pas le temps…

En revanche, quand le libraire ou l’éditeur loue des tables on s’installe tous un peu comme on veut, et on peut se retrouver à côté de vedettes de la BD, faire connaissance, voire même sympathiser en fonction des affinités, et c’est pour ça que même si vous nous voyez séparés des auteurs dans certains festivals, en réalité on se connait un peu tous, et pour la plupart, on s’entend même très bien. Donc si vous êtes clients, ne paniquez pas, ne commencez pas à vous révolter alors qu’il n’y a pas lieu (révoltez-vous plutôt pour des raisons un peu plus concrètes) : si vous visitez un festival qui loue des emplacements et que vous nous voyez tous isolés à un stand, à l’écart des auteurs, ça veut dire qu’on nous a fait cadeau du stand, que tout ce qu’on gagne est pour nous, et qu’on s’en tire souvent mieux que certains auteurs invités en librairie.

Bon allez, je vous laisse, ça va être l’heure de l’apéro.

A propos Eric Peyron

Eric Peyron n'est un Expert en Rien. Après trois années de Fac dont deux redoublements, Peyron a commencé les petits boulots en intérim pour gagner un peu de blé. Heureusement, inconditionnel de comics en version originale (à cause de la censure et des traductions lamentables de la plupart des versions françaises de l'époque), Peyron est rapidement devenu traducteur d'anglais autodidacte pour des magazines informatiques des années 1990-2000, puis pour de nombreuses sociétés de traduction. Suite au refus par ces mêmes sociétés d'accepter une augmentation de ses tarifs en vingt ans, Peyron a fini par revenir à ses premiers boulots au SMIC, qui paradoxalement, vingt ans plus tard, rapportent plus que des traductions techniques… Actuellement, l'Expert en Tout fait donc de la mise en rayon, des inventaires et démonstrations en grande surface, monte et démonte des stands d'animation, donne des flyers aux passants dans la rue, distribue des prospectus dans vos boîtes aux lettres, et remplace des affiches dans les toilettes des bars et restaurants. De jour comme de nuit. Accessoirement, il est aussi auteur de BD en auto-édition, mais ça, vous le savez probablement déjà. Bref, Peyron est un type qui ne comprend absolument rien à rien, comme la plupart des imbéciles qui se baladent régulièrement sur les réseaux sociaux, mais ça va pas l'empêcher de donner son avis !

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