Les Lois COVID

Alors pendant que j’essayais tant bien que mal de vendre des coffrets cadeaux en magasin en pleine période de pandémie (les ventes n’étaient pas si mauvaises, bizarrement) on a eu un mini-scandale vite résolu à propos du projet de loi instituant un régime pérenne de gestion des urgences sanitaires, examiné lundi en conseil des ministres. Ce qui a fait polémique, c’est le texte suivant :

Le Premier ministre peut, le cas échéant dans le cadre des mesures prévues, subordonner les déplacements des personnes, leur accès aux moyens de transport ou à certains lieux, ainsi que l’exercice de certaines activités à la présentation des résultats d’un test de dépistage établissant que la personne n’est pas affectée ou contaminée, au suivi d’un traitement préventif, y compris à l’administration d’un vaccin, ou d’un traitement curatif.

En contexte, l’idée, c’est ça : vous avez envie d’aller au cinéma ? Faites-vous vacciner. Dans une salle de sport ? Faites-vous vacciner. À un concert ? Faites-vous vacciner. Bref, vous voulez vous distraire en extérieur ? Faites-vous vacciner. Sinon, ce sera interdit. L’objectif est bien évidemment d’inciter fortement tout le monde à se faire vacciner pour en finir avec cette pandémie, et l’aboutissement d’une telle campagne aurait été bien évidemment d’inciter tout le monde à NE PAS se faire vacciner. Peut-être qu’avant d’envisager des lois pareilles, le gouvernement devrait consulter des sociologues. Je trouve d’ailleurs que les gouvernements n’en consultent pas assez…

Et naturellement, l’extrême droite était la première à monter au créneau, parce que vous comprenez, la dictature, tout ça… Bon, si le gouvernement avait un projet de loi radicalement opposée, l’extrême droite serait montée au créneau pour des raisons radicalement opposées, le but n’étant pas d’avoir une opinion mais de favoriser la division, mais ce n’est pas la question. Attendez, si justement, la division, c’est bien la question !

Ça fait des années que les russes et les chinois essaient de flinguer les démocraties en utilisant les partis extrémistes de chaque pays, et avec la génération RT, ils sont même en train d’y arriver. Est-ce qu’on a vraiment besoin de leur faciliter la tâche avec des projets de loi pareils ?! Là, on dirait que quelqu’un a envie de nous préparer à la consommation sous condition qui nous attend inévitablement, en utilisant un risque réel pour orienter les comportements.

Naturellement, le lendemain du coup de gueule de notre super-fan de la démocratie, le ministre de la santé s’est dépêché de confirmer que le vaccin ne sera pas obligatoire pour sortir, se distraire, aller où on veut et avoir globalement une vie sociale (pour vous du moins. Moi j’avais arrêté d’aller au cinéma largement avant la pandémie, depuis que le prix d’une place était devenu équivalent au prix du restau…)

Plus aucune raison de gueuler, donc. Mais c’est quand même le moment de commencer à réfléchir, parce que des lois favorisant la consommation sous condition, vous allez y avoir droit. Pour le moment, vous ne sentez pas trop la crise économique parce que tout le monde tient le coup tant bien que mal avec les aides d’État, mais une fois qu’on en aura terminé avec le virus, toutes les aides vont disparaître et les faillites vont commencer. Et la canalisation de la consommation aussi, notamment grâce à la numérisation des données bancaires, des données de santé et de l’Euro.

Personnellement, j’aimerais bien ne pas être plafonné sur mes dépenses mensuelles chez Amazon pour sauver les libraires, à plus forte raison si par miracle, mes livres se vendent mieux. Je n’aimerais pas non plus que mes données médicales soient utilisées pour me restreindre dans mes déplacements, et encore moins dans ma consommation. Je n’aimerais pas bénéficier d’un revenu universel basé sur un système de points. Et pourtant, c’est ce qui nous attend.

Comme le disait si bien George Orwell dans Du rififi chez les hommes, Je crois qu’on n’a pas fini d’en chier…

A propos Eric Peyron

Eric Peyron n'est un Expert en Rien. Après trois années de Fac dont deux redoublements, Peyron a commencé les petits boulots en intérim pour gagner un peu de blé. Heureusement, inconditionnel de comics en version originale (à cause de la censure et des traductions lamentables de la plupart des versions françaises de l'époque), Peyron est rapidement devenu traducteur d'anglais autodidacte pour des magazines informatiques des années 1990-2000, puis pour de nombreuses sociétés de traduction. Suite au refus par ces mêmes sociétés d'accepter une augmentation de ses tarifs en vingt ans, Peyron a fini par revenir à ses premiers boulots au SMIC, qui paradoxalement, vingt ans plus tard, rapportent plus que des traductions techniques… Actuellement, l'Expert en Tout fait donc de la mise en rayon, des inventaires et démonstrations en grande surface, monte et démonte des stands d'animation, donne des flyers aux passants dans la rue, distribue des prospectus dans vos boîtes aux lettres, et remplace des affiches dans les toilettes des bars et restaurants. De jour comme de nuit. Accessoirement, il est aussi auteur de BD en auto-édition, mais ça, vous le savez probablement déjà. Bref, Peyron est un type qui ne comprend absolument rien à rien, comme la plupart des imbéciles qui se baladent régulièrement sur les réseaux sociaux, mais ça va pas l'empêcher de donner son avis !

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