Les News du jeudi

Hé oui, vous l’avez compris, ce sont les news du jeudi (ou plutôt de vendredi dernier) ! Et qu’est-ce qu’il s’est passé à 9H01 , vendredi dernier sur Disney+?! Ben pas grand chose. Le making of deThe Falcon and the Winter Soldier était du même niveau que celui de Wandavision. Pas terrible. Tout le monde récite son texte dans les interviews pour ne pas dire de conneries, les scénaristes essaient d’avoir l’air enthousiastes sur les sujets d’actualités traités dans la série, mais bon… quand on est scénariste, on n’est pas forcément bon acteur…

Du coup, pas grand chose à dire sur Marvel, donc on va passer à un article plus classique, toujours dans l’esprit jovial et bon enfant (et narcissique…) de ce blog : je vais vous dire pourquoi actuellement, la plupart des séries de comics Marvel sont pour la plupart fades et sans grand intérêt. Ça nous fera passer le temps.

Avant de commencer, ôtez-vous de la tête l’idée que les gens sérieux essaient de vous inculquer : vous n’avez pas passé l’âge de lire des Bandes dessinées. Non, en réalité, vous avez passé l’âge de lire des merdes, et si c’est ce que vous lisiez quand vous étiez petit, effectivement, ça peut faire illusion. Et des merdes, il y en a. C’est d’ailleurs pour ça que je suis vite passé des BD françaises aux comics, et que je lis peu de manga. On en reparlera certainement quand je passerai à un rythme de publication d’articles plus soutenu, mais en France, au niveau qualité des dessins et surtout des scénarios, le niveau est bas. Niveau qui se répercute d’ailleurs sur la qualité des traductions de comics, qui n’est pas toujours au top non plus. Après, concernant les traductions, peut-être que ça a changé, je ne peux plus trop en parler, puisque je lis les comics uniquement en version originale depuis de nombreuses années.

En Amérique, en revanche, le niveau est de plus en plus élevé, au point que les grands éditeurs vont maintenant chercher des romanciers, des essayistes, et des scénaristes de cinéma accomplis pour l’écriture de comics. Le niveau est élevé, mais pour ce qui est de l’intérêt, c’est un peu différent. En fonction de la période, globalement, les comics, c’est soit super excitant, soit super banal.

Et c’est normal, parce que dans l’univers des comics, tout repose sur le cahier des charges. Ce que j’appelle le cahier des charges, ce sont les sujets qu’on est obligé d’aborder ou d’éviter dans chaque histoire. Et ce que j’appelle la période, c’est… heu… ben en fait, il n’y a pas trente-six périodes, il n’y en a que deux : soit tout va bien et les bénéfices sont en hausse, soit on est dans la merde. Si les bénéfices sont en hausse, le cahier des charges est très lourd, et vient plomber tout le scénario. Si les bénéfices chutent, il n’y a pratiquement plus de cahier des charges, le scénariste peut se donner à fond, et les lecteurs sont au paradis.

On a pu le constater dans les années 80 sur Daredevil et les Fantastic Four, par exemple. La série Daredevil était en train de s’effondrer. L’Editor a laissé Frank Miller faire littéralement tout ce qu’il voulait sur la série, et l’intérêt de la série est remonté en flèche. La série Fantastic four, écrite par Doug Moench et dessinée par Bill Sienkiewicz coulait lentement. John Byrne est revenu, cette fois au scénario et aux dessins… et on l’a laissé faire ce qu’il voulait ! Même résultat. Quand Marvel était en faillite, dans les années 2000, le niveau de tous leurs comics est monté en flèche, parce que tout le monde avait plus ou moins le champ libre.

Et que se passe-t-il maintenant ? Ben pas de chance pour le lecteur, Marvel a du succès… L’originalité, de nos jours, vous la trouverez dans les films et les séries TV. Les comics se contentent de suivre le mouvement en respectant cette fois un cahier des charges beaucoup plus exigeant. Pire encore, les exigences du phénomène qu’on appelle à présent la diversité font également partie du cahier des charges. Les garçons faisaient barrage aux filles pour l’écriture de scénarios? Pas de problème, on va créer des séries mettant en scène des filles avec des places de créatifs réservées aux filles. Les racistes faisaient barrage aux noirs? Ben on va faire pareil avec les noirs, qui auront à présent des places réservées. Avec un argument tout particulièrement destiné au cons : il n’y a que des filles qui peuvent écrire des histoires de filles, et il n’y a que des noirs qui peuvent écrire des histoires de noirs. De la misogynie et du racisme inversés, mais ça reste le seul moyen de diversifier les emplois. Du coup, au niveau créatif, on se trouve actuellement dans une période de transition, avec pleins d’artistes bourrés de reconnaissance qui essaient d’écrire pour plaire à l’éditeur, sans trop se mouiller. On a bien Jason Aaron qui essaie d’écrire des histoires un peu rentre-dedans, mais dans le style, il n’est pas aussi bon que Mark Millar. Et Jason Aaron, c’est l’exception. La norme, ce sont des artistes conventionnels.

Et le lecteur dans tout ça ? Ben il subit comme d’habitude les conséquences du cahier des charges. On attend toujours le prochain Brian Michael Bendis, le prochain Mark Millar, le prochain Frank Miller… Bref, on attend avec impatience que le Marvel Cinematic Universe fasse couler les versions comics, pour avoir enfin des scénarios originaux, au lieu de scénarios formatés. Niveau comics, DC s’en tire beaucoup mieux. Et on parlera peut-être de DC la prochaine fois, si ce vendredi se révèle aussi ennuyeux que le vendredi dernier.

Ou peut-être qu’on parlera de mes productions, tiens. La nouveauté de la semaine prochaine, normalement, ce sera la mise à jour de mon tout premier album de BD, Rage Fléau des démons. Le déploiement de la mise à jour est en train de se faire, et tout devrait être terminé dans la journée de mon côté. Du côté des éditeurs numériques, par contre, la validation des mises à jours devrait prendre un peu de temps. Mais normalement, tout devrait être en ligne la semaine prochaine. Peut-être même que j’arriverai à commander un stock de versions imprimées pour mon prochain festival.

Ah oui, tiens, reparlons des festivals : niveau COVID, les beaux jours vont revenir jusqu’en octobre, l’espoir renaît et les nouveaux déprimés se préparent tous à retrouver la vie d’avant. Du coup, les festivals vont reprendre aussi… mais pas tout de suite. La fête du livre de Gonfaron, par exemple, qui devait avoir lieu le 30 mai a été reportée au 10 juillet. Et à cette date, je ne pourrai pas y participer, parce que les festivals, c’est un peu comme mes contrats d’intérim : il en tombe souvent plusieurs aux mêmes dates. Le 10 juillet, je serai donc à Marseille, au festival La BD à l’heure d’été, et mon prochain festival sera Vidau’bulles les 5 et 6 juin. Je vous tiens au courant au fur et à mesure.

Et je vous laisse avec une petite galerie de mangas toujours spécialisée Urasawa. Pas d’inquiétude, je vais la diversifier, parce que la diversité, c’est important. Je vous mets la galerie à jour au fur et à mesure.

A propos Eric Peyron

Eric Peyron n'est un Expert en Rien. Après trois années de Fac dont deux redoublements, Peyron a commencé les petits boulots en intérim pour gagner un peu de blé. Heureusement, inconditionnel de comics en version originale (à cause de la censure et des traductions lamentables de la plupart des versions françaises de l'époque), Peyron est rapidement devenu traducteur d'anglais autodidacte pour des magazines informatiques des années 1990-2000, puis pour de nombreuses sociétés de traduction. Suite au refus par ces mêmes sociétés d'accepter une augmentation de ses tarifs en vingt ans, Peyron a fini par revenir à ses premiers boulots au SMIC, qui paradoxalement, vingt ans plus tard, rapportent plus que des traductions techniques… Actuellement, l'Expert en Tout fait donc de la mise en rayon, des inventaires et démonstrations en grande surface, monte et démonte des stands d'animation, donne des flyers aux passants dans la rue, distribue des prospectus dans vos boîtes aux lettres, et remplace des affiches dans les toilettes des bars et restaurants. De jour comme de nuit. Accessoirement, il est aussi auteur de BD en auto-édition, mais ça, vous le savez probablement déjà. Bref, Peyron est un type qui ne comprend absolument rien à rien, comme la plupart des imbéciles qui se baladent régulièrement sur les réseaux sociaux, mais ça va pas l'empêcher de donner son avis !

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