Le Complotisme, Part 7

Vous vous souvenez de mes derniers articles sur le complotisme ? Je vous avais promis un complot personnalisé et inédit rien que pour vous. Il m’avait fallu un peu de temps pour réfléchir à la façon de le présenter, le but étant surtout de vous inciter à vous méfier de ce que vous lisez ou regardez dans les documentaires alternatifs, mais je crois que je suis arrivé à un format intéressant. J’ai mis un peu de temps pour me relancer sur l’écriture de cette histoire, donc les épisodes précédents sont enterrés quelque part dans ma liste d’articles. L’histoire est d’ailleurs est devenue tellement complexe, qu’elle va se poursuivre un bout de temps. Mais avant toute chose, un petit rappel.

Oui, ce qui va suivre a été inventé. Mais il faut quand même que le système donne l’illusion d’être fonctionnel. Parce que c’est moi qui l’ai créé, et que je suis perfectionniste, même si je ne vais pas trop entrer dans des détails techniques, financiers et politiques qui rendraient l’histoire trop chiante (et qui me prendraient un peu la tête aussi). J’ai écrit cette théorie complot de la même façon que mes histoires (parce que je ne sais pas si je vous l’ai dit, mais j’écris des scénarios de BD) : j’ai commencé par lister les scènes qui me venaient en tête, puis j’ai fait de courtes recherches pour créer une base relativement crédible, recollé les morceaux entre les scènes, et pratiquement laissé l’histoire s’écrire d’elle-même.

Ah, c’est peut-être pas très clair… Voici un exemple. Partez du postulat suivant : Je ne perds pas mes cheveux, on me les vole, puis posez-vous des questions logiques. Pourquoi on me les vole ? Je ne dois pas être le seul, donc des cheveux volés, il y en a plein. Qui les vole ? Pour quelle raison a-t-on besoin de tant de cheveux ? Est-ce que ça se vend ? Puis, faites des recherches, construisez la logique, et hop, vous avez un complot !

Allez, c’est parti !

Dans nos épisodes précédents donc, je vous ai dévoilé l’existence d’un réseau de satellites international devenu opérationnel vers la fin des années 60, qui était l’un des enjeux majeurs de la Guerre froide. Ce réseau de satellites a été complété par tout un système de repérage au sol dans tous les pays, et entrainé la création d’une nouvelle génération d’espions dont la mission est exclusivement de transporter des unités de repérage à proximité de cibles désignées. Tout un quadrillage au sol sur un périmètre d’une centaine de mètres.

Pour vous donner une idée de cette véritable prison sans barreaux, imaginez marcher sur une ligne en parlant au téléphone. Vous faites cent mètres en parlant, et vos surveillants écoutent la partie de votre conversation qui correspond à leur secteur. Puis, vous entrez dans le secteur suivant, et vous faites cent mètres en poursuivant votre conversation. Vos nouveaux surveillants prennent la conversation en cours, et essaient basiquement de recoller les morceaux pour y comprendre quelque chose, alors que quelque part en France (ou ailleurs), quelqu’un aura la possibilité d’avoir l’intégralité de la conversation sans même avoir mis le téléphone sur écoute. Après, ces cent mètres ne représentent pas une limite fixe, parce que vos surveillants se déplacent. Les secteurs adjacents sont probablement imbriqués sur une cinquantaine de mètres.

Imaginez une ligne de secteurs successifs donc, puis imaginez un carré pour avoir une idée du quadrillage en 2D… puis un cube parce qu’on aura vos coordonnées en hauteur aussi !

Ça vous paraît peu crédible ? Vous pensez qu’il y a quelque chose de bizarre dans ce raisonnement, parce qu’il ne correspond pas vraiment à l’idée que vous vous faites d’un espion ? Ça va empirer…

Parce que, comme je l’ai écrit dans l’article précédent, on va maintenant passer aux surveillés, en se penchant un peu sur la fiche X, ce fameux fichier des affaires non classées que le grand public n’est pas censé connaître. Et pour les surveillés, on a vraiment ratissé large…

On a ratissé large, oui, mais ça reste relativement simple. On a juste ciblé les migrants et leurs familles. Alors certains d’entre vous vont peut-être trouver ça normal, parce que les migrants pour votre génération, ce sont des types au profil méditéranéen (comme disent les flics dans leur infinie politesse), et ça va peut-être permettre de repérer des intégristes (en fait, non. mais je vous expliquerai pourquoi dans un autre article), donc, tant mieux à la limite… Non, en réalité dans les années 50, le racisme n’était pas tout à fait le même. Des algériens, des tunisiens, et autres personnes au profil méditéranéen, on n’en avait pas tant que ça. Mais des ethnies qui n’avaient rien à foutre en France, on en avait plein, parce que le racisme, c’est un peu une tradition chez nous. Un peu comme la raclette et le pinard. Vous le ressentez différemment de nos jours parce que toutes ces ethnies sont plutôt bien intégrées, mais le racisme de l’époque concernait surtout les italiens, les polonais, et plein d’autres européens. Alors devinez qui on a placé sous surveillance en priorité ? Ben les migrants et leur famille. Je viens de vous le dire. Ces migrants-là. Et leur famille.

Pourquoi leur famille ? Ben sur la fiche, il sera généralement écrit qu’une seule personne est à surveiller dans sa famille, mais si on surveille le fils, par exemple, par extension on va surveiller les parents. C’est plus prudent. On a toujours en tête cette vieille notion du type en fuite qui se réfugie en priorité chez ses parents. C’est très vendeur et ça passe plutôt bien. Ça donne l’impression qu’on va aussi l’attendre chez ses parents parce qu’on est très malin. Si on ne réfléchit pas trop au système de surveillance, on peut le comprendre. Et techniquement, c’est mieux, parce que les surveillants ne suivent pas vraiment les cibles, ils restent dans un secteur, et plus il y a de surveillés dans ce secteur, plus ils auront de choix de personnes à écouter quand les surveillés prioritaires seront partis se balader hors de portée. C’est d’ailleurs pour ça qu’il faut impérativement trouver plusieurs familles de surveillés par secteur. Comme ça, on n’est jamais à cours.

Et quelle est la raison invoquée pour cette surveillance ? Ben, sûreté de l’État, évidemment. Individu potentiellement dangereux, sans préciser la nature du danger, ni du potentiel… Affaire non classée parce qu’on ne sait pas encore si on devrait la classer. D’autant plus qu’il n’y a pas d’affaire… Vous serez fichés X à la discrétion du responsable de votre cas. Ce responsable n’est pas tenu de dévoiler la raison de votre surveillance, et ne rendra de comptes qu’à ses supérieurs hiérarchiques.

Et il n’est pas tenu de dévoiler quoi que ce soit à ses subordonnés.

Je vous avais dit que ça allait empirer. Si vous avez du mal à croire qu’on puisse vous surveiller par secteur au lieu de simplement vous suivre, la suite va vous paraître encore plus difficile à avaler : vous êtes surveillés par des gens qui ne savent pas pourquoi ils vous surveillent. Et il y a une bonne raison. En réalité, on n’a pas besoin d’une raison pour surveiller quelqu’un, on a juste besoin d’avoir une réserve de surveillés pour justifier la présence des surveillants. Lorsqu’on a créé le système, on a certainement trouvé des motifs pour surveiller les cibles originales, ne serait-ce qu’une suspicion d’espionnage pour le compte d’un pays étranger ou l’appartenance à une mafia étrangère, ce qui revient pratiquement au même. Maintenant, on n’en a plus besoin… mais il ne faut pas que ça se voit, parce que si les surveillants savaient à quel moment on devient surveillé, ils pourraient comprendre un truc qu’on a omis de leur révéler quand on les a recrutés.

Une surveillance sans enquête, c’est compliqué à justifier, mais qu’à cela ne tienne, les responsables ont une spécialité qui les a tiré d’affaire plus d’une fois : ils savent comment noyer le poisson. Pour commencer, il faut au moins que les surveillants croient qu’une surveillance, c’est ponctuel, et que ça commence quand il y a un motif concret (même si, bizarrement, ce motif ne leur a pas été révélé). Dans ce but les responsables ont créé un système de rotation. Dans un même secteur, vous n’êtes jamais surveillés longtemps par les mêmes personnes. Elles sont régulièrement affectées à d’autres secteurs, et des secteurs, il y en a plein ! Cette rotation est régulière pour qu’aucun surveillant ne puisse conclure qu’une surveillance est littéralement permanente. Jour et nuit. H24. Ensuite, souvenez-vous qu’on surveille littéralement des familles. Et là, vous commencez peut-être déjà à comprendre. Si vous surveillez une personne de vingt ans à cause de ses parents, qui avaient eux-même été placés sous surveillance, cette personne va un jour quitter son foyer et fonder une famille… qui sera placée sous surveillance aussi. Et si l’enfant part habiter dans une autre ville, voire juste dans un quartier éloigné de la même ville, les surveillants du quadrillage ne le connaîtront pas d’avance. Ils ne sauront pas qu’il a été placé sous surveillance parce qu’il était surveillé quand il était hébergé par sa famille… et ils essaieront eux-aussi de deviner ce qu’il a bien pu faire pour être surveillé ! Cet enfant va peut-être lui-même faire des enfants, donc juste au cas où, par acquis de conscience, on va enregistrer la fréquence personnelle des bébés pour pouvoir les repérer à volonté. Et puis, ben, on va juste commencer à les surveiller. À cause de leurs parents, eux-mêmes placés sous surveillance. Si on essaie tant de noyer le poisson, si on ne révèle même pas aux surveillants pourquoi une personne est surveillée, c’est parce qu’elle est surveillée dès la naissance. Et en permanence bien sûr, parce que des surveillants sont affectés sur chaque secteur en permanence. Vous pensez que c’est complètement absurde ? Hé ben c’est pas fini.

Un enfant surveillé à cause de ses parents va grandir, et probablement faire quelques conneries. Au cours de leur vie, certains surveillés vont même devenir des criminels, d’autres des victimes, parfois les deux… sous les yeux de leurs surveillants. Dans ce cas là, pour les surveillants qui essaient de deviner pourquoi quelqu’un est surveillé alors que le système de rotation les empêche de comprendre l’intégralité de son vécu et d’intégrer le fait qu’une surveillance, ça commence dès la naissance, il y a une règle d’or implicite : vous êtes toujours surveillés pour la dernière connerie que vous avez faite, qu’elle soit grave ou non. Pour les conneries dont vous êtes seulement soupçonnées alors que vous êtes innocent, pas de problème, ils sauront que vous êtes innocents : on interdit aux différents groupes de communiquer entre eux mais ils communiquent quand même, donc votre innocence ne fera aucun doute pour eux (notez que paradoxalement, pour les institutions officielles, votre innocence et votre bonne foi seront systématiquement à prouver). En revanche tout ce que vous avez réellement fait, même si ce n’est pas illégal, même si c’est juste honteux, leur donnera du grain à moudre pour justifier votre surveillance. Si vous avez eu des cours de sociologie, vous avez peut-être abordé la rumeur. Hé bien vous savez à présent où une rumeur prend son origine. Vous ne trouvez toujours pas ça crédible ? Ça va encore empirer.

Le quadrillage couvre littéralement tout le pays. Littéralement. Sans exception. Vous avez été déclaré coupable d’un crime, et vous êtes maintenant en prison ? Vous êtes surveillé en prison avec le même système. Par certains gardiens, bien sûr, mais aussi par certains autres prisonniers qui, quand ils auront purgé leur peine, auront un travail tout trouvé. Et comme d’habitude, ils ne sauront pas pourquoi ils vous surveillent. Dans la même logique, si vous vous faites interner dans un hôpital psychiatrique, vous resterez également sous surveillance. Là, ça me ferait marrer que vous soyez aussi surveillés par des malades, mais au point où on en est… Encore plus ridicule : vous êtes grabataire ? Vous serez surveillé en maison de retraite. Quand cela s’arrêtera-t-il ? Bon, vous avez deviné. Personnellement, ça me ferait marrer aussi qu’on surveille les tombes… Le fait est que les cimetières sont quadrillés.

Et que peut-il arriver au surveillé au cours de sa vie, en rapport avec cette surveillance ? Une seule chose : être recruté et devenir surveillant. Parce qu’après tout, avec les mariages et l’intégration de la grande majorité des migrants, tout le monde a fini par un peu se mélanger, et les familles surveillées sont devenues très diverses. L’origine des surveillances est à présent tellement perdue dans le temps, qu’on peut recruter un peu tout le monde. Rétroactivement, ce recrutement va bien entendu devenir le motif de la surveillance dans l’esprit des surveillants (Ah bon ?! On le surveillait parce qu’on allait le recruter ?!) Et puis tant qu’à recruter un nouveau surveillant, autant prendre quelqu’un qu’on connaît déjà. Surtout pour ce qu’on lui demande… Et autant ne pas lui révéler qu’il est sous surveillance depuis sa naissance, lui et toute sa famille, pour ne pas trop remuer la merde. Et notez que si le but est uniquement de faire du repérage, ce but est quand même atteint, puisque les surveillants portent eux-mêmes le matériel qui permet de les repérer.

Après, inventer tout un système de surveillance tellement extravagant qu’il n’y a aucune chance qu’il existe, c’est bien joli, mais tout ça, il faut le financer. Et surtout (et attention, là, c’est très important pour la suite, alors je le mets en majuscules), il faut le rendre complètement INVISIBLE. Pourquoi ? Parce qu’il faut impérativement que le quadrillage soit protégé de son pire ennemi : l’organisme qui avance les fonds. L’État.

Vous croyez que le système est tellement tiré par les cheveux qu’on n’arrivera jamais à le rendre invisible ? Que cacher plus de 500 000 espions qui se baladent dans la nature, c’est trop compliqué ? Vous avez raison. Mais c’est compter sans un organisme qui a été progressivement mis en place depuis la Libération en 1945, et que les américains ont tendance à appeler le Deep State. L’État dans l’État. Vous trouverez plein de théories paranos et dégueulasses sur le Deep State, et pratiquement toutes ces théories vous expliqueront qu’il existe pour gouverner en secret. C’est ridicule, et vous vous en doutez peut-être un peu, vu la conjoncture, parce qu’il a l’air plutôt incompétent votre gouvernement secret… Non, le Deep State n’est pas un gouvernement secret ni une secte à la con, c’est beaucoup plus simple. Il s’agit d’un organisme créé exclusivement pour bouffer l’argent de vos impôts. Et vous allez voir que ce ne sont pas de petites sommes.

On se retrouve dans un prochain chapitre pour aborder les aspects technique et financier du quadrillage… mais pas avant de jouer à ce qui est vrai, faux et relève de la logique de l’absurde dans cet article. L’un des intérêts de l’exercice, c’est de créer toute une base erronée pour justifier une construction logique. Donc, vous trouverez dans les premiers articles de nombreuses affirmations fausses qui côtoient un peu de vrai. Plus on avance dans l’histoire, moins les affirmations vraies ou fausses sont nombreuses, parce qu’une fois la base créée, tout progresse dans une espèce de logique de l’absurde.

Après, ce n’est pas une théorie du complot qui deviendra populaire, et c’est un peu voulu. Parce que l’autre intérêt de l’exercice, c’est de ne pas raconter l’histoire de personnages machiavéliques qui ont un plan pour s’en prendre au pauvre peuple dont le seul choix serait de voter pour le représentant de la Russie aux prochaines présidentielles.

Non, je décris juste un système qui reste en place parce qu’il rapporte du pognon. Un peu comme le service militaire avant l’augmentation de la population arabe et la montée de l’islamisme prévue par les analystes. Dans cette théorie, personne n’a rien contre vous, et personne n’a rien pour vous non plus. Vous faites juste partie des objets qu’on utilise pour alimenter le système.

Ce qui est vrai

Le racisme de l’époque concernait surtout les italiens, les polonais, et plein d’autres européens. C’est vrai. Et les racistes de l’époque n’était pas des tendres…

D’autant plus qu’il n’y a pas d’affaire. C’est vrai. Et il n’y a pas de surveillance non plus.

Le service militaire rapportait du pognon ?! Vous allez découvrir que c’est vrai si vous vous penchez sur la question. Tous les travaux auparavant effectués par les appelés sont à présent demandés à des entreprises privées. Et ce n’est qu’un exemple. Il y a très certainement d’autres moyens, légaux ou non, de se faire du blé avec ce système, quand on se trouve aux bons endroits…

Ce qui est faux

Je vous ai dévoilé l’existence d’un réseau de satellites international devenu opérationnel vers la fin des années 60, qui était l’un des enjeux majeurs de la Guerre froide. C’est faux.

Les micros ont donc une portée de cent mètres ? Je n’en ai aucune idée. Il faudrait que je me renseigne sur la portée d’un micro directionnel qui pourrait me servir de base pour la conceptualisation d’unités de repérages, mais je n’ai pas envie de me casser les pieds avec des recherches, alors je vous sers la technique à la louche. J’espère que ça passe.

La fiche X ?! Les affaires non classées ?! Citer les X-Files, je m’en lasse pas. Dès que j’ai entendu parler du fameux fichier S, je me suis renseigné pour savoir quelles étaient les autres lettres. Il s’avère que les créateurs de ces différentes fiches ne se sont pas basés sur l’alphabet. Ils ont juste nommé leurs fiches à partir d’une ou plusieurs initiales pour identifier la spécialité concernée. Il n’y a pas de spécialité avec un nom commençant par un X, donc la fiche X n’existe pas. À moins qu’on se mette un jour à recenser les xénophobes, par exemple…

On a juste ciblé les migrants et leurs familles. Non, on n’a rien ciblé du tout.

Le racisme, c’est un peu une tradition chez nous. C’est inexact : c’est une tradition dans TOUS les pays.

Sûreté de l’État? Ça a l’air un peu vague, comme terme. Pas du tout, normalement c’est très précis. J’ai juste monté la phrase de façon à ce que le terme ait l’air d’une simple excuse pour surveiller n’importe qui.

Vous serez fichés X à la discrétion du responsable de votre cas. Ce responsable n’est pas tenu de dévoiler la raison de votre surveillance, et ne rendra de comptes qu’à ses supérieurs hiérarchiques. Et il n’est pas tenu de dévoiler quoi que ce soit à ses subordonnés. Je n’en ai strictement aucune idée. J’ai juste besoin de créer un système dont tous les responsables essaient de noyer le poisson.

L’espionnage pour le compte d’un pays étranger et l’appartenance à une mafia étrangère, ça revient au même ? Pas forcément, non. En tout cas, ça rehausse un peu l’intérêt de l’article. On commençait à se faire chier.

Vous savez à présent où une rumeur prend son origine. Ben non, vous ne le savez pas.

Le Deep State est un organisme créé exclusivement pour bouffer l’argent de vos impôts ?! Aucune idée. J’ai juste utilisé le terme parce qu’il est populaire et qu’il rehausse l’intérêt de l’article, et surtout parce que j’avais besoin pour cette théorie d’un organisme parasite au cœur de l’État, en mesure de brasser des milliards d’euros. À l’heure actuelle, le terme Deep State est utilisé aux USA en rapport avec le parti Démocrate, pour faire croire au petit peuple que les Républicains et les Conservateurs vont les sauver d’une secte de gros salopards dégueulasses. Ce même terme sera utilisé chez nous pendant la campagne électorale par nos deux partis extrémistes et la propagande russe, pour dénigrer les partis modérés et le gouvernement en place. À l’origine, la notion de Deep State caractérise un organisme apolitique et constamment en place, quel que soit le gouvernement. Croire en l’existence d’un tel organisme à l’époque, ça revenait un peu à se dire que voter, ça ne sert à rien parce que, quel que soit le parti au pouvoir, la politique du gouvernement sera exactement la même. Il s’agissait d’une théorie parano rassurante, comme toutes les théories réellement paranos d’ailleurs : si quelque chose a été créé pour vous nuire, ça veut dire que tout est sous contrôle et c’est inquiétant. Si les accidents et le hasard existent, ça veut dire que rien n’est sous contrôle et c’est hyper-angoissant. Comme d’autres théories du complot, l’existence du Deep State est à présent devenu un instrument de propagande antigouvernementale.

L’augmentation de la population arabe et la montée de l’islamisme ont été prévues par des analystes ?! Aucune idée. Pour l’augmentation de la population arabe, personnellement, je n’ai pas compté, mais un responsable du recensement aurait pu la déterminer année par année. Prévoir la montée de l’islamisme dans les années 90, c’était un peu plus compliqué, mais avec les bons outils statistiques, c’était faisable. Et si c’est vrai, c’est probablement ce qui a motivé l’arrêt du service militaire.

Ce qui est dans la logique, même si les bases sont fausses

Une nouvelle génération d’espions dont la mission est exclusivement de transporter des unités de repérage à proximité de cibles désignées. C’est dans la logique.

On a placé sous surveillance en priorité les migrants et leur famille ? C’est dans la logique. Dans cette théorie, le but n’est pas de surveiller, mais d’avoir le plus grand nombre de surveillants possibles. Ce sera plus clair dans les chapitres à venir. Les migrants constituent un bon stock de surveillés pour quelqu’un qui perçoit les êtres humains comme des objets, comme un simple moyen de gagner de l’argent. Pour un escroc dangereux, donc.

On surveille des familles ?! Tout le paragraphe est dans la logique, en considérant que les surveillés ne sont que des excuses pour multiplier les surveillants. Mais il reste dur à avaler, parce que les responsables de ces systèmes ont quand même des comptes à rendre…

On n’a pas besoin d’une raison pour surveiller quelqu’un, on a juste besoin d’avoir une réserve de surveillés pour justifier la présence des surveillants. En considérant un être humain comme un objet, c’est dans la logique.

Le responsable à l’origine d’une surveillance n’est pas tenu de dévoiler quoi que ce soit à ses subordonnés. C’est dans la logique, et cette notion n’est pas si tirée par les cheveux. Quand on envoie un soldat au front, on n’est pas tenu de lui expliquer pourquoi. Si la raison a l’air évidente, tant mieux. Sinon, ben, tant pis.

Vous êtes surveillés par des gens qui ne savent pas pourquoi ils vous surveillent. C’est dans la logique, même si c’est complètement invraisemblable.

Dans un même secteur, vous n’êtes jamais surveillés longtemps par les mêmes personnes. Elles sont régulièrement affectées à d’autres secteurs. C’est dans la logique.

Une surveillance est littéralement permanente. Jour et nuit. H24. En partant du principe qu’on essaie de placer le plus de personnel possible sur le terrain, c’est tout à fait dans la logique.

On surveille des gens dès la naissance en permanence sur plusieurs générations ?! C’est complètement con, mais c’est dans la logique. Et ça coûte une blinde.

Pour les surveillants, vous êtes toujours surveillés pour la dernière connerie que vous avez faite, qu’elle soit grave ou non. Si on ne révèle pas la raison de votre surveillance à vos surveillants, ils essaieront de la deviner. C’est humain, et c’est dans la logique.

On interdit aux différents groupes de communiquer entre eux. C’est dans la logique. Bloquer les communications quand vous faites des conneries, c’est vieux comme le monde. Si vous ne voulez pas que votre camarade de classe révèle que vous êtes un sacré salaud, dites à tout le monde qu’il ne faut surtout pas lui parler parce qu’il n’arrête pas de mentir et qu’il dit n’importe quoi. Si vous êtes chef, établissez des règles et donnez des ordres en ce sens, ce sera suffisant.

Mais ils communiquent quand même. C’est dans la logique.

Pour les institutions officielles, votre innocence et votre bonne foi seront systématiquement à prouver. C’est dans la logique. Pas de communication. Même pas avec les institutions officielles. Et pas de preuve recevable non plus.

Vous êtes surveillé en prison avec le même système. C’est complètement con, mais c’est dans la logique.

Quand vos surveillants prisonniers auront purgé leur peine, ils auront un travail tout trouvé. C’est malheureusement dans la logique. La raison sera plus claire dans les articles suivants.

Si vous vous faites interner dans un hôpital psychiatrique, vous resterez également sous surveillance. Tout est quadrillé. C’est de plus en plus con, mais dans la logique.

Vous serez surveillé en maison de retraite. Vous êtes surveillés partout et à vie. On est en plein délire, mais toujours dans la logique.

Que peut-il arriver au surveillé au cours de sa vie, en rapport avec cette surveillance ? Une seule chose : être recruté et devenir surveillant. C’est dans la logique.

Les surveillants portent eux-mêmes le matériel qui permet de les repérer ? C’est dans la logique.

A propos Eric Peyron

Eric Peyron n'est un Expert en Rien. Après trois années de Fac dont deux redoublements, Peyron a commencé les petits boulots en intérim pour gagner un peu de blé. Heureusement, inconditionnel de comics en version originale (à cause de la censure et des traductions lamentables de la plupart des versions françaises de l'époque), Peyron est rapidement devenu traducteur d'anglais autodidacte pour des magazines informatiques des années 1990-2000, puis pour de nombreuses sociétés de traduction. Suite au refus par ces mêmes sociétés d'accepter une augmentation de ses tarifs en vingt ans, Peyron a fini par revenir à ses premiers boulots au SMIC, qui paradoxalement, vingt ans plus tard, rapportent plus que des traductions techniques… Actuellement, l'Expert en Tout fait donc de la mise en rayon, des inventaires et démonstrations en grande surface, monte et démonte des stands d'animation, donne des flyers aux passants dans la rue, distribue des prospectus dans vos boîtes aux lettres, et remplace des affiches dans les toilettes des bars et restaurants. De jour comme de nuit. Accessoirement, il est aussi auteur de BD en auto-édition, mais ça, vous le savez probablement déjà. Bref, Peyron est un type qui ne comprend absolument rien à rien, comme la plupart des imbéciles qui se baladent régulièrement sur les réseaux sociaux, mais ça va pas l'empêcher de donner son avis !

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