Pass sanitaire

Ah ben ça fait longtemps que je n’ai plus créé d’articles sur la courbe de contamination. Et ça tombe bien, parce qu’on a eu un discours présidentiel lundi, qui annonce l’institution du Pass sanitaire. Alors pour résumer, quand la loi sera validée, pour pouvoir aller un peu ou vous voulez, voire juste travailler, il faudra soit être vacciné, soit présenter un test négatif au COVID 19. Déjà, ça s’annonce mal, parce qu’il y a un bug dans le raisonnement : on peut être vacciné et positif. Et après, ça dégénère : à partir de septembre, les tests seront payants. Un test, c’est valable environ deux jours, et ça fait entre 30 et 50 euros.

Alors naturellement, tout le monde a bien compris que le gouvernement essaie d’inciter à la vaccination. C’est la conséquence la plus évidente de cette politique, et le président ne s’en est pas trop caché. Bon, il y a quand même une petite phrase qui avait l’air un peu décalée, au sujet du rappel qui devra obligatoirement être fait dans six mois, pour ne pas que nos petits anti-corps deviennent de moins en moins nombreux. C’est une heureuse coïncidence, parce que dans six mois, les nouveaux vaccinés auront l’opportunité de goûter le nouveau vaccin Sanofi, s’ils ont envie de mélanger les vaccins, voire juste de consommer français…

J’avais pensé que mes employeurs, qui me fournissaient gratuitement des masques et du gel hydroalcoolique, pourraient éventuellement me rembourser les tests, mais un test tous les deux jours pour tout le monde sans aide de l’État, ça va nécessairement leur faire un peu trop. Naturellement, les auto-tests ne sont pas considérés comme valables (ce serait trop facile), donc il y a de grandes chances que je sois obligé de me faire vacciner en août.

Sauf si les tests sont finalement rendus gratuits en septembre, quand le gouvernement aura réalisé qu’il y a comme un problème avec la courbe de contamination.

Parce que cette politique aura une autre conséquence : pendant tout l’été, les tests seront obligatoires et systématiques pour tout le monde, donc on va réellement atténuer la courbe de contamination pendant les premières semaines de vaccination massive (ce qui ne serait pas un mal, parce que la courbe est beaucoup trop élevée depuis quelques mois, et ça commence à se voir). En revanche, à partir de septembre, les tests, bien que toujours obligatoires, ne seront plus systématiques parce qu’il seront payants. Pour éviter de devoir payer les tests, on va bien entendu de plus en plus se faire vacciner, mais aussi de moins en moins se faire tester, et la courbe va remonter subitement sans qu’on comprenne comment, pour atteindre un pic alarmant en automne. Un pic alarmant et surprenant parce que personne ne l’aura vu venir. S’imaginer qu’on va se balader en chopant le virus et en le transmettant sans conséquence parce qu’on sera tous vacciné est une utopie. Un raisonnement linéaire, dans la vraie vie, ça ne marche pas, et ça va se voir dans quelques mois.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, je suis réellement pour un pass sanitaire, parce que ça a le mérite d’être simple : on rend les tests obligatoires, on teste et on isole. Dans le cas du COVID, dès qu’on remplace des tests par un certificat de vaccination, on favorise la propagation du virus. Si en plus, on rend les tests payants pour que plus personne ne se fasse tester, on rend cette propagation invisible (et pour le coup, on aura vraiment un ennemi invisible…)

Dans un pass sanitaire idéal, les tests devraient rester gratuits et obligatoires, et le vaccin ne devrait être qu’une option, sinon dès qu’un nouveau variant résistant au vaccin fera son apparition, on se retrouvera exactement dans la même situation qu’il y a quelques années.

A propos Eric Peyron

Eric Peyron n'est un Expert en Rien. Après trois années de Fac dont deux redoublements, Peyron a commencé les petits boulots en intérim pour gagner un peu de blé. Heureusement, inconditionnel de comics en version originale (à cause de la censure et des traductions lamentables de la plupart des versions françaises de l'époque), Peyron est rapidement devenu traducteur d'anglais autodidacte pour des magazines informatiques des années 1990-2000, puis pour de nombreuses sociétés de traduction. Suite au refus par ces mêmes sociétés d'accepter une augmentation de ses tarifs en vingt ans, Peyron a fini par revenir à ses premiers boulots au SMIC, qui paradoxalement, vingt ans plus tard, rapportent plus que des traductions techniques… Actuellement, l'Expert en Tout fait donc de la mise en rayon, des inventaires et démonstrations en grande surface, monte et démonte des stands d'animation, donne des flyers aux passants dans la rue, distribue des prospectus dans vos boîtes aux lettres, et remplace des affiches dans les toilettes des bars et restaurants. De jour comme de nuit. Accessoirement, il est aussi auteur de BD en auto-édition, mais ça, vous le savez probablement déjà. Bref, Peyron est un type qui ne comprend absolument rien à rien, comme la plupart des imbéciles qui se baladent régulièrement sur les réseaux sociaux, mais ça va pas l'empêcher de donner son avis !

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